Témoignage : Matthieu Rivière – Formateur

IMG_7545Certains stagiaires ont fait beaucoup de chemin depuis leur première formation à Avant-Mardi. Il y a dix ans, Matthieu Rivière abandonne ses études en anthropologie et décide de se lancer dans le spectacle. Après avoir suivi la formation Orientation aux métiers du spectacle vivant, il enchaîne avec la formation Technicien(ne) son spectacle vivant en 2009. Aujourd’hui régisseur technique et intermittent du spectacle, il intervient à son tour sur les formations d’Avant-Mardi. Un partage d’expériences enrichissant à destination de ceux qui suivront certainement ses pas.

Depuis quand intervenez-vous dans les formations d’Avant-Mardi et quel est votre lien avec la structure ?

J’ai suivi deux formations à Avant-Mardi et je suis resté en lien avec la structure via Pauline Thuillier (responsable de la formation professionnelle) qui est ma compagne, mais également parce que j’ai travaillé pour des membres du réseau qui intervenaient à Avant-Mardi. J’interviens depuis trois ans, notamment sur la formation Parcours d’artiste pour laquelle je coordonne la régie du filage à l’Espace Bonnefoy, ainsi que sur la formation Orientation aux métiers du spectacle vivant, davantage sur de l’introduction au domaine technique.

Que souhaitez-vous transmettre aux stagiaires ?

Pour la formation Parcours d’Artiste, l’idée est avant tout de sensibiliser les musiciens à l’intérêt qu’il faut porter à l’aspect technique. La plupart du temps, c’est ce qui fera la réussite d’un concert. Si tu as une bonne appréhension et une connaissance technique de l’environnement dans lequel tu joues, tu es déjà plus à l’aise sur le plateau et avec les techniciens. Et forcément, cela génère beaucoup moins de stress et d’incompréhension.

Les artistes de Parcours d’Artiste ont-ils déjà des connaissances sur le secteur technique ?

Certains oui, car ils ont déjà fait un peu de tournée dans des bars, des festivals ou des petites salles. Dans tous les cas, à la fin de la formation ils comprennent l’intérêt de la technique, ou du moins ils ont une considération pour l’équipe technique et toutes les personnes qui entourent la réalisation d’un spectacle. Beaucoup d’artistes n’ont pas été sensibilisés à cela et ne se rendent pas compte du travail réalisé en amont du concert.

Concrètement, en quoi consistent vos missions au quotidien ?

J’ai commencé en tant que road puis en faisant du son en tant que prestataire. J’ai essentiellement travaillé sur des événements dans les musiques actuelles, du son et du plateau. Petit à petit j’ai été amené à faire de la régie, donc de la coordination technique d’événements. La régie me plaît car elle touche un peu à tous les corps de métiers et aspects de l’organisation. L’avantage d’avoir commencé de zéro est d’avoir un regard terre-à-terre, une considération pour les techniciens. C’est bien de transpirer sur une rampe et de pousser les caisses, ça permet de savoir quelles sont les différentes étapes du métier.

Au commencement, pourquoi vouliez-vous participer à une formation Avant-Mardi ?

J’ai toujours gravité autour des musiques actuelles, aussi bien avec des associations qu’en bénévolat sur des festivals. Je faisais des études dont les débouchés ne m’intéressaient pas, j’ai donc cherché à faire une formation. Je ne savais pas si j’étais plutôt intéressé par la régie ou la production, je savais même à peine ce que ça voulait dire. J’ai suivi la formation Orientation aux métiers du spectacle vivant à Avant-Mardi. Cela m’a permis de dégrossir ma vision du secteur et m’a fait comprendre que je m’intéressais surtout à la régie technique. J’ai suivi un stage avec un régisseur, Daniel Munoz, qui m’a présenté la technique, la production, les timings, les budgets, les plannings, les équipes, etc. J’ai aussi rencontré les partenaires avec lesquels j’allais travailler plus tard. J’ai alors décidé de me spécialiser dans le son en suivant la formation Technicien(ne) son spectacle vivant.

Les formations permettent d’assimiler beaucoup de choses en peu de temps. J’ai gagné du temps sur la compréhension, les schémas mentaux, le système sonore… J’ai pu mettre un pied dans le métier, aussi bien grâce au réseau qu’aux différentes possibilités de stages.

Quels sont tes souvenirs les plus marquants de ces formations ?

Les intervenant(e)s. Tu arrives en formation, tu ne connais pas le secteur et tu vois que les intervenant(e)s sont tous des personnages très charismatiques. Ils te racontent des anecdotes de leurs vies et tu hallucines ! C’est vraiment ce qui m’a marqué. Les personnes que tu rencontres dans ce milieu ont toutes un passé riche et beaucoup de choses à raconter.

Était-ce étrange de passer de l’autre côté ?

Un peu ! Quand je me suis retrouvé assis de l’autre côté du bureau, j’avais la gorge un peu sèche. Mais ça s’est bien passé car je suis à l’aise avec les gens. Le fait d’avoir suivi les formations faisait que je connaissais bien le fonctionnement. Ce n’est pas très compliqué de parler de choses que l’on connaît et qui nous tiennent à cœur. J’aime intervenir, c’est intéressant de pouvoir expliquer son parcours. Je travaille toute l’année et presque uniquement dans les musiques actuelles, je fais peu d’alimentaire. J’ai la chance d’avoir une activité riche dans laquelle je vois beaucoup de concerts. C’est un régal !

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaiterait s’inscrire sur une formation ?

C’est une chance. Accéder à ces formations n’est pas donné à tout le monde, il ne faut pas l’oublier. La formation implique une vraie rigueur, le matin il faut être ponctuel et c’est essentiel dans les activités professionnelles. Enfin, c’est une véritable chance de pouvoir entrer dans un réseau qui peut être parfois un peu fermé, d’avoir un accès direct au secteur du métier. Je ne regrette pas du tout mon expérience car j’ai gagné beaucoup de temps et rencontré des gens exceptionnels.